Montreuil lance son projet de démocratie alimentaire avec une enquête sur les habitudes alimentaires



Le Jeudi 15 avril, Patrice Bessac, maire de Montreuil et Mireille Alphonse, deuxième adjointe chargée de la transition et de la démocratie alimentaire, ont invité les habitant·e·s à une réunion publique dématérialisée autour de l'alimentation et de la transition écologique de Montreuil.

Au cours de cette soirée d'échanges, ils ont présenté la démarche d'élaboration de la stratégie alimentaire de Montreuil. Elle vise à une alimentation de qualité, accessible à toutes les couches de la population et protectrice de l'environnement. Cette démarche dépasse, sans l'occulter, l'incontournable enjeu des cantines scolaires et des réflexions autour du retour en régie publique de la restauration collective.

Première étape de ce projet devant conduire à l'adoption d'un ensemble d'actions concrètes pour le territoire, le lancement d'une vaste « Enquête dans votre assiette » destinée, au travers d'un questionnaire, à mieux connaître les habitudes alimentaires de la population pour bâtir un diagnostic partagé. Il s'agit de comprendre les pratiques d'achats et d'approvisionnement des habitant·e·s, observer les mobilités mises en œuvre dans ces pratiques, mesurer le rapport à l'alimentation, la place qu'elle occupe dans le quotidien, établir un focus sur l'alimentation des enfants et la précarité alimentaire du territoire.



Puis en mai et juin se tiendront 6 groupes de travail thématiques afin d'alimenter la réflexion et nourrir en propositions opérationnelles les « États Généraux de l'alimentation » qui se tiendront à l'automne.

L'ambition affichée par la Mairie de Montreuil, est d’œuvrer à une politique alimentaire publique notamment plus respectueuse du climat en étant moins émettrice de gaz à effet de serre. Le but est aussi de lutter contre la malbouffe (révélatrice des inégalités) et ses conséquences sur la santé (obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires), en mettant en œuvre une stratégie alimentaire municipale partagée, plus saine, de qualité, en capacité de relever les défis sociaux, environnementaux et démocratiques que représentent le bien manger et le manger sain.

« La véritable démocratie alimentaire c'est de replacer la personne à nourrir et la préservation de la nature au cœur de nos réflexions » souligne Patrice Bessac, le Maire de Montreuil.

Lutter contre les inégalités croissantes

La crise générée par la pandémie de la Covid-19 n'a fait qu'accentuer les inégalités alimentaires préexistantes dans le monde où l'on dénombre 2 milliards d'être humains en situation d'insécurité alimentaire. En France 7 millions de personnes ont aujourd'hui recours à l'aide alimentaire (en hausse de 15 à 20 % depuis un an). Montreuil, ville populaire comptant un quart de sa population sous le seuil de pauvreté, est elle aussi touchée par les manques et parfois même la précarité alimentaires et la malbouffe.

Lors du premier confinement de mars 2020, de nouvelles aides alimentaires ont été mises en œuvre pour accompagner 3 950 ménages montreuillois (8,4 % des ménages). 2 100 de ces ménages ont bénéficié de colis alimentaires, 3 150 de chèques alimentaires et 700 personnes ont eu recours au portage de repas, sans oublier les 2 000 familles ayant touché un chèque de 100 euros pour compenser la fermeture de la cantine scolaire dont leurs enfants bénéficiaient au tarif social de 0,54 € !



Surmonter la crise alimentaire à l'échelle des villes

Montreuil, avec la tradition des repas de quartiers rassemblant des milliers de convives, de ses marchés aux mille et une saveurs où vit la citoyenneté, est une ville de partage. Elle est convaincue, au-delà de la caricature simpliste de la soi-disant « obsession bobo-bio », de la réalité de cette crise alimentaire et des enjeux démocratiques, environnementaux et sociaux qu'il y a, à la surmonter, à l'échelle même des villes où elle sévit.

Alors qu'il y a un siècle 80 % du territoire de Montreuil était consacré à la production horticole et fruitière, aujourd'hui, le territoire de l'EPT Est Ensemble auquel appartient Montreuil ne compte que 5,9 ha de terres agricoles. S'il est illusoire de penser pouvoir couvrir 100 % des besoins alimentaires dans une zone urbaine dense, la progression de l'agriculture urbaine permet d'engager des leviers pédagogiques, de recréer du lien social et de mener des actions bénéfiques pour la santé. C'est pourquoi Montreuil est partenaire du projet CARMA visant à la préservation d'une production agricole dans le Triangle de Gonesse.

Accélérer le calendrier de la transition

Déterminée à engager sa transition écologique pour mener un véritable développement durable, Montreuil, ville adhérente du Pacte de Milan a, en favorisant l'implication citoyenne, déjà imposé depuis 2019, dans son marché de restauration scolaire, le taux de 70 % d'aliments bio. Depuis 2021, il en est de même pour les repas des crèches.

Montreuil veut au cours de cette mandature, accélérer son calendrier de mise en œuvre d'une stratégie alimentaire locale plus saine qui renoue avec une dimension humaine, maintenant le lien avec les producteurs, seule solution pour échapper aux dérives d'une chaîne alimentaire industrialisée en :

- raccourcissant les chaînes d'approvisionnement,

- s'investissant dans les projets d'agriculture urbaine,

- revisitant ses pratiques d'achats publics,

- réduisant le recours à une alimentation standardisée, non durable, dénaturant et transformant à outrance les produits et mauvaise pour la santé,

- luttant contre le gaspillage (estimé à 15 Kt/an à Montreuil), développant une aide alimentaire de qualité pour celles et ceux qui sont contraints d'y avoir recours.




Article adapté du communiqué de presse du lundi 12 avril de la Ville de Montreuil.

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