Intervention de Mireille Alphonse concernant le PLUi - Conseil territorial Est Ensemble du 4 février

Déclaration Mireille Alphonse sur le PLUi d’Est-Ensemble

mis au vote du conseil territorial du 4 février 2020

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs mes cher.e.s collègues,

Je partage les propos que vient de tenir ma collègue Anne Déo et me permets de les compléter d'un triple point de vue :

  • celui d'une élue qui a participé activement aux ateliers de réflexion menés en interne au début de ce travail avec les équipes de la Direction de l'écologie urbaine ;

  • celui de la délégation à la Nature en ville dont j'ai la charge au sein de cet exécutif ;

  • celui d'une habitante du territoire.

Je souhaite tout d'abord féliciter et remercier les équipes de l'urbanisme, mais aussi de toutes les directions qui ont travaillé de façon transversale à l'élaboration de ce document pour l'ampleur de ce chantier – le premier dans notre histoire commune puisqu'il s'agit en effet de notre premier PLU intercommunal. Un exercice forcément complexe : nos villes ne vivent pas les mêmes situations, par exemple au regard de l'accès aux transports en commun ou de celui de la qualité de leurs parcs résidentiels. Je souhaite apporter ici mon témoignage concernant l'engagement de nos équipes au service de la construction commune. Et je les en remercie !

Pour autant, je dois dire ici mon inquiétude concernant la seule ambition, pourtant affirmée dans notre PADD – c'est à dire le document stratégique donnant les orientations politiques du PLUi – de construire une « ville renaturée », même si je salue le principe adopté de la Charte de l'arbre, « 2 arbres plantés pour un arbre coupé ».

Premier élément expliquant cette inquiétude : nous savons que nous sommes très en-dessous des 10 m2 de nature accessible aux habitants qui, d'une ville à l'autre oscille entre 4 et 6m2.

  • Si nous sommes convaincus, en cette période où tous les indicateurs sont au rouge – je pense à la qualité de l'air, au réchauffement des températures et, en somme, au bien vivre en milieu urbain ;

  • Si nous sommes convaincus en conséquence qu'il nous faut développer les espaces verts, développer les puits de carbone et les ilots de fraîcheur que sont les arbres et les bois urbains, alors il faut que cela se voit autrement que dans nos discours ! Nous devons l'appliquer de façon très concrète dans nos documents structurants !

Et dans ce PLUi, nous n'en sommes pas encore là. Je ne vois pas où se trouve un dispositif règlementaire qui obligerait à rejoindre cet objectif des 10 m2.

La Trame Verte et Bleue, sur laquelle nous avons beaucoup travaillé avec les équipes de la DEEU n'est malheureusement pas un document opposable. Bien sûr elle sera annexée au PLUi, mais rien n'empêchera de la contourner. Cela d'ailleurs a déjà été le cas avec cet été le projet de destruction de plus de 4ha de la Corniche des Forts. Un projet fait en catimini, où nous, les élu.e.s avons été mis devant le fait accompli.

Un projet à ce jour incompréhensible, qui laisse un terrain dénudé, et qui a déjà eu pour conséquence d'empêcher la nécessaire déambulation d'une partie de la faune présente.

Au début de ce mandat, j'avais alerté sur le danger que représentait pour nos espaces verts la spéculation foncière liée à l'attractivité de notre territoire. Je ne pense pas être particulièrement alarmiste en disant que nous y sommes, et que nos objectifs stratégiques en matière de nature en ville risquent d'être mis à mal si nous continuons à ne pas y prendre VRAIMENT garde !

C'est encore le cas pour l'OAP des Murs à Pêches à Montreuil. La continuité de la TVB n'y est pas clairement indiquée, les flèches qui viennent du parc Montreau s'arrêtent en bordure de cet espace patrimonial remarquable, sans que l'on précise exactement ce que signifie cet arrêt. Je le dis avec fermeté : si l'on veut permettre à la faune et à la flore de se développer, il va nous falloir très précisément planter ces continuités. Et y refuser toute construction.

Mon inquiétude ici se renforce avec ce qui est considéré comme de petites entrées à l'intérieur des murs à pêches, des sortes de portes, où des activités et logements pourraient être envisagés. Nous ne pouvons pas renoncer de la sorte à concrétiser nos ambitions stratégiques ! Dans le même ordre d'idée, je regrette vraiment que le périmètre des Murs à Pêches se trouve en zone A exclusivement et pas en zone N.

Vous me permettrez de livrer une réflexion personnelle : bien sûr nous avons contractualisé avec l'État pour la construction de logements sur notre territoire. Mais pourquoi, aujourd'hui, devrions-nous persister à jouer les bons élèves de la classe en matière de nombre de nouveaux logements construits, alors que certaines villes de l'ouest parisien ne s'en soucient pas beaucoup et alors, plus grave encore, que l'État ne tient aucun de ses engagements vis à vis de nous ?

Je pense très précisément au dernier avatar que nous avons appris récemment : je veux parler du contrat de plan État-Région, dont l'État vient de retirer la compétence transports ! Exit l'arrivée du tramway T1 dans un avenir proche pour les habitants de Théophile Sueur, des Ruffins ou du Morillon. Ce sont toujours les mêmes que l'on maltraite !

Il me semble, cher.e.s collègues, que le temps est venu de hausser le ton et de refuser ce que l'on nous impose : construire encore et encore, au détriment du cadre de vie des plus modestes d'entre nous.

Dans ce cadre, il me paraît enfin urgent, puisque le projet EIF est à l'arrêt, de mettre en place très rapidement une grande convention territoriale qui permettra de poser les bases précises et partagées de ce que l'ensemble de la population souhaite pour cet espace des Murs à Pêches. La démolition de l'autoroute A 186 va créer des dizaines d'hectares disponibles : à nous de décider collectivement d'en faire ce dont nous avons besoin : plus de nature dans nos villes de petite couronne. Je prends donc bonne note de la proposition de notre collègue Jean-Charles Nègre de revoir d'ici un an ce PLUi.

Mais dans cette attente et celle des nécessaires améliorations à apporter, pour toutes ces raisons, il me semble qu'en tant qu'écologistes, nous ne pouvons pas voter le PLUi en l'état. Pour ma part, je m'abstiendrai.

Je vous remercie.

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