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"Une contractualisation à sens unique" & accueil des migrants : intervention de Mireille Alphonse au CM du 27/06/2018

29/06/2018

 

 

Monsieur le Maire, cherEs collègues, chers montreuillois, Mesdames, Messieurs

Pour notre groupe Montreuil Ecologie, la contractualisation avec l'Etat, mécanisme qui prévoit une hausse plafonnée de nos dépenses publiques tout en contraignant notre endettement, loin d'être un marché gagnant-gagnant, se trouve être un jeu de dupes.

En effet cette contractualisation n'a de contrat que le nom : c'est un véritable "fait du prince" qui prévoit d'impacter gravement et de manière autoritaire les politiques communales. En outre, au delà de l'atteinte évidente au principe de libre administration, la remise en cause des lois Defferre de 1982 de la décentralisation, et la baisse aveugle et insensée des dépenses publiques au mépris des investissements futurs, vont faire peser sur nos budgets des critères totalement arbitraires qui ne répondent à aucune logique économique !

Sauf à considérer que la dépense publique est en soi mauvaise, ce n'est pas aux collectivités territoriales de pallier les carences d'un Etat qui ne remplit pas lui-même ses propres engagements sur de nombreux dossiers.
En fait il s'agirait d'une contractualisation a sens unique.

Lorsque des contractualisations sont engagées par les communes sur certains dossiers: l'Etat ne respecte pas forcément ces engagements.
Lorsque les collectivités locales sont demandeuses de contractualisation, hélas elles ne trouvent pas l'Etat y compris sur des dossiers structurants, avec par exemple la question des transports en commun... En effet, où est passé l'argent promis pour les études sur le prolongement de la ligne 9 ? Qu'en est-il des gares promises pour le Grand Paris Express via la future "ligne 15" ? Une fois de plus, c'est l'Etat qui se dédit.

Et c'est un peu la même chose sur la question de la résorption des bidonvilles, la question des mal logés et des personnes condamnées a l'errance, anciens phénomènes que l'on voit hélas réapparaitre de nos jours.
Alors que l'Etat est censé contractualiser avec les collectivités sur ce sujet qui représente une charge et une pression directe trés importante au niveau d'une commune, mais finalement pas si considérable que cela au niveau national, l'Etat n'apporte pas de réponses adaptées.
 L'épisode de l'Aquarius, ce bateau affrété pour sauver des migrants en mer, finalement accueilli par l'Espagne, a effectivement levé le voile sur l'incapacité des dirigeants français, et européens, à traiter avec dignité du sort de ces centaines de personnes recueillies en mediterranée ! D'autant que la montée des extrêmes droites et parfois leur accès au pouvoir dans plusieurs pays d'Europe, à force de concessions et de recul face aux idéologies d'exclusion, génère une banalisation des refus de l'Autre qui appelle notre vigilance au plus haut niveau.

Aprés les concessions faites dans la loi immigration, une certaine forme de lacheté de la part du gouvernement, et un double discours brouille une approche humaine et pragmatique sur la question des migrations. Beaucoup se sont émus des images ahurissantes d'enfants séparés de leurs parents détenus dans des prisons au Texas, mais n'oublions pas qu'en France aussi des enfants sont dans les centres de rétention : 117 depuis le début de l'année, selon la Cimade !

Là encore, les collectivités territoriales sont en première ligne. Il y a un mois c'est à Montreuil que nous organisions les États généraux des migrations, ici même dans cette salle, avec le monde associatif, afin de lancer collectivement une démarche de concertation sur la question. Est sorti de ces travaux, un manifeste qui demande d’abord un accueil digne et inconditionnel des nouveaux arrivants, avec l’obligation de mise à l’abri immédiate et la prise en charge des moyens de subsistance, et la fin des expulsions. Il dénonce l'orientation du gouvernement, fondée sur une logique d’opposition des pauvres entre eux.

À Montreuil, ville de plus de 100 000 habitants qui compte 25% d'immigrés, nous travaillons avec tous les acteurs de la solidarité depuis de nombreuses années dans le sens d'un accueil plus digne. Nous faisons partie des villes comme Grande Synthe, ou Grenoble, pour lesquelles l'accueil des migrants honore notre histoire.

C'est pourquoi je me permets, Monsieur le Maire, de dire notre accord plein et entier à votre proposition de mettre en œuvre le droit de vote des personnes étrangères, non européennes, aux prochaines élections européennes et municipales.

C'est pourquoi nous soutenons également la Convention nationale pour l'accueil des migrants que nous présentera tout à l'heure notre collègue, Halima Menhoudj.

Mous Rom, intégration des exilés et personnes immigrées notamment d'Afrique sub-saharienne, rénovation du foyer Bara, construction du Nouveau Centenaire, actions multiples d'accueil et d'intégration tout au long de ces derniers mois : nous prenons notre part.

Mais bien sûr, ça n'est jamais assez. Mais l'incendie qui s’est produit le 28 mai dernier dans un lieu où vivaient plusieurs familles Roms, impasse Maryse Bastié, l'a cruellement montré : les villes ne peuvent désormais plus être laissées seules à tenir à bout de bras un système qui ne tient que par le dévouement et l'implication des acteurs locaux. Les problèmes sanitaires, les problème d’accès à l’école des enfants, les bidonvilles… ce sont des problèmes que nous croyions relégués au siècle dernier et voilà qu'ils reviennent à nouveau. L'État doit prendre ses responsabilités et nous sommes prêts à nous retrousser les manches.

Nous ne demandons ni plus ni moins qu'une approche pragmatique car aucun mur n’arrêtera quelqu'un prêt à tout pour offrir une chance à ses proches et à sa famille.

Je vous remercie

 

 

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