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Vote du budget 2018 : Ibrahim Dufriche-Soilihi au Conseil Municipal du 28 mars 2018

29/03/2018

 

 

Monsieur le Maire, cherEs collègues, Mesdames, Messieurs

 

Nous examinons ce soir le budget de notre ville pour l’année 2018.

 

Vous le savez, les décisions prises par le gouvernement en 2017 et qui s'appliqueront en 2018 sont pour le moins inédites.

Derrière le discours moderniste, la politique menée par Emmanuel Macron et Edouard Philippe ressemble sur ce point, à une vieille politique à la fois centralisatrice, libérale et injuste.

 

Politique centralisatrice : tout à sa volonté de réduire l'endettement de notre pays, certes problématique – par exemple pour conserver des marges de manœuvres suffisantes pour investir, conduire la transition énergétique à grande échelle et récréer des emplois –

le Président de la République s'est trouvé, comme ses prédécesseurs, dans l'incapacité (ou dans le refus) d'agir d'abord , là où l'argent coule à flots (mais ne ruisselle pas !).

 

Les plus riches, les dirigeants du Medef, les grands lobbys au plan national ont su préserver leurs intérêts, au-delà du raisonnable.

 

Il a donc été décidé que les « économies » seraient notamment à trouver aux différents niveaux inférieurs de l'État – c'est à dire dans les budgets des collectivités territoriales.

Mais là aussi réside un problème : l'article 12 de notre Constitution pose en effet comme principe républicain, la libre administration des collectivités territoriales.

Ne pouvant pas intervenir directement dans leur gestion, le gouvernement a imaginé un « pacte », bien mal nommé !

Il s'agit en réalité d'une décision unilatérale, qui remet en cause les grands principes des lois de décentralisation de 1982.

 

Autrement dit : une re-centralisation autoritaire, alors même que ce sont les collectivités territoriales, et au premier plan, les communes comme la nôtre, qui se trouvent en première ligne, pour garantir à la population les services de proximité indispensables :

l'accès à l'école, à un bon niveau de transports collectifs, à la santé, à la tranquillité publique, à la culture… mais aussi, aux premières couvertures sociales,

sans quoi la cohésion de notre société ne serait bientôt plus qu'une très ancienne utopie !

 

Politique libérale : ce pacte témoigne en effet d'une approche étroitement comptable des politiques publiques. Pour nous, la politique ne se résume pas à une gestion de « bon père de famille ».

L'effort de désendettement sur 5 ans, et l'augmentation maîtrisée à 1,2 % des dépenses de fonctionnement, sous peine de pénalités qu’il instaure,

va porter de rudes coups aux territoires et à notre ville.

Cette « contractualisation » imposée est un marché de dupes, qui impose une rigueur injuste et sans discernement, à toutes les collectivités.

 

Injuste, car l'État ne s'est pas privé de faire en parallèle des cadeaux aux plus riches : rappelons ici, que la loi de finances pour 2018 prévoit une baisse de l'ISF et une baisse des prélèvements sur les stocks options… alors même que l'évasion fiscale coûte à notre pays au bas mot, entre 30 et 36 milliards d'euros ! Et ceci, quand plus de 9 millions de personnes, vivent dans notre pays sous le seuil de pauvreté !

 

Injuste car elle s'applique avec la même intransigeance, à quelques modulations près, à toutes les collectivités.

Et cela, qu'elles accueillent, par exemple, 5 % de logements sociaux sur leurs territoires, ou 37 % comme c'est le cas, ici à Montreuil !

 

Cela dit, si, au plan politique national, nous prenons notre part dans les luttes contre cette politique libérale, au plan local, nous voulons dire clairement que nous soutenons aujourd'hui, la nécessité de contractualiser avec l'État.

 

Au-delà des pénalités que nous serions amenés à verser, si tel n'était pas le cas, au-delà des baisses alourdies de dotations générales,

trop d'enjeux sont sur la table dans ce face à face avec l'État : par exemple, la poursuite de la requalification de nos quartiers en renouvellement urbain ou de nos quartiers où persiste de l'habitat indigne ; celle, également, de la réhabilitation des points de tension de notre territoire - la porte de Montreuil ou la Croix de Chavaux.

 

Et puis, disons-le aussi : ce qui se joue dans le bras de fer actuel est tout simplement notre capacité à rester autonomes, hors des menaces liées à une mise sous tutelle de notre ville.

 

Nous savons que si tel était le cas, certains des équipements qui font aujourd'hui notre fierté et qui améliorent très sensiblement la vie de nos concitoyens n'auraient jamais pu voir le jour :

nous pensons bien sûr au CDN et au Méliès.

Nous pensons aussi à la Piscine écologique des Murs à Pêche, qui avec un ticket d'entrée à 2,50€ pour les habitants d'Est Ensemble, réduit les inégalités, sert l'intérêt général, et dote les quartiers populaires du haut Montreuil d'un équipement attractif dont les habitants sont fiers!

 

Nous savons également qu'avec une mise sous tutelle, nous ne pourrions pas maintenir les subventions pour venir en aide aux populations les plus démunies de notre ville, à travers l'action de notre CCAS.

Nous serions obligés de diminuer les subventions aux associations culturelles et aux clubs sportifs. Et il n'existerait plus aucune marge de manœuvre, pour aider les associations privées d'emplois aidés.

 

Le budget qui vous est présenté aujourd’hui constitue ainsi notre réponse collective à cette situation : il préserve notre capacité à contractualiser avec l'État, confirme les efforts accomplis depuis 3 ans dans la maîtrise des dépenses de fonctionnement et nous permet, malgré tout, de conserver les marges de manœuvre nécessaires, pour développer les politiques publiques que nous estimons fondamentales.

 

La section d'investissement programmée à hauteur de 34 millions, représente certes une somme plancher, mais elle reste sérieuse pour une ville de la taille de Montreuil.

Par ailleurs, nous continuons à rembourser nos dettes précédentes, en faisant passer l'amélioration de notre capacité de désendettement de 37,5 années en moyenne entre 2014 et 2016 à 11,7 années en 2017.

 

Ainsi, malgré toutes ces contraintes, ce budget reste volontariste. Il répond aux priorités que s’est fixée notre majorité et pour laquelle nous avons été élus : l'éducation, la solidarité, la transition écologique.

 

Certes, nous agissons dans un cadre extrêmement serré, mais nous estimons qu'il est de notre devoir de responsables politiques locaux, de continuer à tout faire pour répondre aux besoins des Montreuilloises et des Montreuillois.

 

 

À l’heure où la défiance vis-à-vis du personnel politique est à son plus haut niveau, nous ferons partie de celles et ceux qui se battront jusqu'au bout pour préserver l'un des fondements de notre démocratie: la commune et ses politiques publiques de proximité.

 

Chers collègues, le vote d’un budget est le moment de réaffirmer notre responsabilité et d’en être digne.

Notre groupe Montreuil Écologie votera ce budget 2018,

qui a l’ambition de faire évoluer notre ville dans un contexte contraignant.

 

Je vous remercie

 

 

 

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