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Ecologie et solidarité internationale à Montreuil : l'intervention de Mireille Alphonse

14/12/2017

Conseil Municipal du 13 décembre 2017

 

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs mes chers Collègues,

Mesdames et Messieurs les Montreuillois,

 

Il y a deux ans, l'accord de Paris pour le Climat actait pour la première fois dans l'Histoire de l'Humanité une réelle avancée : 195 États s'accordaient sur la nécessité absolue de lutter contre le dérèglement climatique. Ils fixaient à un maximum de + 2° l'élévation acceptable des températures par rapport à l'ère pré-industrielle.

 

Mais deux ans plus tard, tous les indicateurs sont au rouge !

 

De l'accord diplomatique, certes remarquable, aux actions concrètes pour atteindre les objectifs fixés, il y a malheureusement un fossé qui ne cesse de s'accroître ! Non seulement le compte n'y est pas, mais la trajectoire sur laquelle notre planète s'avance actuellement, dépasse largement les + 3° à la fin 2100. Les dérèglements – pluies diluviennes ou tout au contraire, extrêmes séchéresses – sont bel et bien déjà à l'œuvre et affectent, en ce moment même, la vie de millions de personnes. Pensons, par exemple, aux ouragans de force inouïe dans les Antilles cet été, aux incendies ravageurs en France et dans tout le sud de l'Europe, en Russie ou dans l'Ouest des États-Unis, aux inondations meurtrières dans le golfe du Bengale et, plus près de nous, aux très grandes difficultés que subissent déjà les viticulteurs du sud de la France.

 

Aujourd'hui, tous les acteurs associatifs, scientifiques ou politiques engagés sur cette question s'accordent sur un constat : il y a urgence à prendre enfin la mesure de ce qui est en train de se passer. C'est notamment l'alerte qui a été démontrée de façon irréfutable lors du "Tribunal des Peuples pour le Climat" qui s'est tenu dimanche 10 décembre au Nouveau Théâtre de Montreuil, à l'appel d'un collectif rassemblé autour de la volonté " Pas un euro de plus pour les énergies du passé".

 

Cruelle injustice : parmi les populations les plus touchées par le dérèglement climatique, ce sont les pays les plus pauvres qui subissent les pires phénomènes climatiques tout en émettant infiniment moins de gaz à effet de serre que les États riches. C'est ainsi que la notion de "justice climatique" figure désormais à la pointe des revendications internationales.

 

Dans ce cadre, le "One Planet Summit" qui vient de se tenir hier à Paris à l'initiative du Président de la République était une bonne initiative. Il est en effet nécessaire de mobiliser l'ensemble des acteurs pour gagner cette lutte contre le dérèglement climatique.

 

Mais les annonces du Président Macron sont restées en deçà des attentes pour la contribution française. La mise en place d'une taxe sur les transactions financières au plan international, par exemple, se limiterait à une taxe européenne, bien loin de suffire à freiner la finance spéculative.

 

Ces annonces sont d'autant plus préoccupantes que le dispositif pré-existant reste éloigné des besoins exprimés. Le Fond Vert pour le Climat a été créé sous l'égide de l'ONU en 2009. Il doit soutenir les pays pauvres et leur donner les moyens financiers pour s'engager sur le chemin de la transition écologique. Or, il devrait être constitué de 100 milliards de dollars d'ici 2020. Nous n'en étions, lors de la COP 23 de Bonn, qu'à 10,3 milliards de dollars. Soit… 10 fois moins !

 

Dans cette situation, que nous ne connaissons hélas que trop bien, où les États s'engagent, mais ne concrétisent pas, nous pensons que les collectivités locales ont un vrai rôle à jouer. Nous estimons que notre ville peut et doit aussi contribuer à des actions de solidarité internationale. Il s'agit de prendre "notre part" en apportant des solutions, certes très modestes, aux désordres du monde. Il s'agit également d'accompagner des familles montreuilloises qui vivent ici depuis des années et ont conservé des liens très étroits avec les autres membres de leurs familles restés "là-bas".

 

À ce titre, depuis plusieurs décennies, nous soutenons notamment des projets très concrets dans le Cercle de Yélimané, au Mali. Fin novembre, nous avons eu le plaisir de recevoir une délégation de Maires maliens. Ils nous ont alertés : chez eux aussi, la pluviométrie s'avère de plus en plus violente lors de la saison des pluies, ravinant les terres au lieu de les nourrir. Et les étés, les 50° sont désormais dépassés, empêchant les périmètres maraîchers de se développer.

 

Au cours de nos échanges, plusieurs pistes de coopération ont été étudiées : les questions de l'assainissement, du développement économique local, de la lutte contre la désertification et de la promotion féminine. Par exemple, grâce aux formations reçues à Montreuil il y a quelques années, et portées par notre collègue Claude Reznik, le Cercle est passé aux dernières élections municipales de 2016 de 6 femmes conseillères municipales à 53, dont la Maire de Diafounou Diongaga, Mme Diagouraga.

 

Montreuil, dans ses convictions de ville solidaire, poursuit donc ses actions de coopération décentralisée. Au-delà des motifs qui viennent d'être exposés, il s'agit aussi pour nous tous, très modestement, de refuser le drame absolu qui se joue à nos frontières depuis des années et de proposer aux jeunes d'Afrique sub-saharienne, un autre avenir que celui qui les menace au Sahara, en Lybie ou dans les eaux méditerranéennes.

 

 

 

 

 

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